SUN PLEXUS 2
Ces types-là sont vraiment fous.    
Trio français d'origine roumaine, les Sun Plexus pratiquent une sorte de rock indus bruitiste extrêmement sale, foutraque, mêlant à l'influence industrielle radicale du Einstürzende Neubauten des débuts celle de la musique concrète, avec sur certains morceaux des atmosphères beaucoup plus planantes. Le tout est interprété dans un esprit très "fuck you" dans l'âme qui les rapproche du punk. D'ailleurs, si vous allez les voir sur scène, dans une de leurs performances métallurgiques de haute volée, vous vous rendrez compte qu'ils se livrent totalement, se mettent à nu (au figuré comme au propre...) Donc, les Sun Plexus produisent du bruit : ferraille (le titre ne ment pas), chignoles et autres outils de bricolage, ballons de baudruche qui se dégonflent, batteries primaires style marteau-piqueur, guitares distordues, scratchs, moteurs de voitures de course, basses parfois profondes (du genre qui gâche la digestion), voix vocodées, entres autres... Il faut citer tout ça en vrac parce que la musique de Sun Plexus est elle-même livrée ainsi : du bordel, parfois structuré par un rythme à la batterie ou à la boîte, par une boucle récurrente, mais pas forcément ; rarement pourtant un tel foutoir a pu se laisser entendre avec autant de plaisir. Depuis l'ouverture, qui frappe les trois coups, comme au théâtre, jusqu'à la liquéfaction finale de "1-2-3 strigoï",
lente et angoissante sucée du souffle, en passant par l'hymne ravageur "Gnocchi" ou le délire d'"Amityville", qui sur une rythmique bien lourde fait entendre des petites voix qui braillent en accéléré, ce disque s'écoute comme un manifeste d'art brut désenchanté mais ironique, le parfait refrain de notre époque post-moderne et post-industrielle où de la post-musique est jouée par des no-punks. (samedi 15 octobre 2005).
gutsofdarkness.com